Les faits ont lieu à Bargny, au quartier dit Houda Bargny. Le nommé Bassirou Camara, âgée de 57 ans, marabout de son état, habite dans la même concession que la fille, Rokhya Ndiaye, âgée de 17 ans seulement, et élève qui préparait son examen du BFM. La grande sœur de la victime a expliqué au tribunal que c'est elle qui a porté plainte contre le marabout ; et que, c'est par la suite qu'il a été appréhendé et déféré au parquet. Il a comparu à la barre du tribunal des flagrants délits, le 11 octobre dernier pour répondre des faits qui lui sont reprochés. A l'interrogatoire, le prévenu soutiendra n'avoir jamais eu affaire à la fille ; pointant plutôt du doigt d'autres garçons, dont certains sont élèves dans la classe que la fille ; en l'occurrence, Assane Sow et d'autres dont il n'a pas pu citer les noms. Reconnaissant toutefois, dans le courant du mois de juillet dernier, avoir trouvé Rokhya Ndiaye, et lui ai fait la remarque selon laquelle, son teint avait changé, et qu'il la voyait en état de grossesse, dans un proche avenir. Quant à la victime, elle précise qu'un jour, alors qu'elle était en train de discuter avec ses camarades de classe sur le problème des examens, le marabout l'a appelée pour lui proposer des gris-gris et des prières, afin qu'elle puisse obtenir son BFM. Peu après, il lui a fait signe de venir dans sa chambre pour prendre deux bouteilles contenant de l'eau bénite. Par la même occasion, il lui a dit de se mettre à genoux. Et après quelques versets coraniques, il lui a ordonné d'ouvrir la bouche ! Puis, il a craché de la salive qu'elle a avalée. C'est ainsi qu'au moment où elle s'apprêtait à sortir de la chambre, il l'a prise, l'a fait coucher sur une natte où elle a été abusée. « J'étais couverte de sang, et j'avais mal. Il m'a menacée, en me disant, si jamais vous en soufflez un mot à votre tante, je vais vous tuer mystiquement. Une deuxième fois, j'étais venue chercher l'amulette, il m'a encore violée », narre-t-elle. Poursuivant l'interrogatoire à la barre, le procureur demande au mis en cause s'il est marié ; et celui-ci de rétorquer : « Oui, mais ma femme est décédée, j'ai de grands enfants d'ailleurs ». Ajoutant avoir fait 18 mois dans cette maison, et qu'il connaît les garçons qui fréquentaient la fille. « D'ailleurs, un certain Chekh Tidiane Diouf peut en témoigner. J'en ai même parlé aux policiers enquêteurs », argue le prévenu. « Je vous fais savoir que si c'est vous le coupable, la peine maximale est de dix ans ferme », lui dira le procureur. Les avocats de la partie civile, Mes Oumar Diop et Ibrahima Mbengue, n'ont pas raté leur plaidoirie. « C'est à cause Bassirou Camara que ma cliente ne va plus faire son examen, c'est lors de la remise des gris-gris que la fille a été violée, et Camara a été aussi le premier à savoir que la fille était en état de grossesse », a martelé Me Ibrahima Mbengue. Poursuivant que la fille a perdu ce qu'elle avait le plus cher au monde, que le sieur Camara avait également menacé la fille, de la tuer mystiquement, si elle le dénonçait ; c'est ainsi qu'elle s'est finalement confiée à sa grande sœur. « Ses dénégations ne sauraient proférer, il a cité beaucoup de noms, et a conduit les policiers dans des maisons où on leur a dit que ces noms n'existent pas du tout », précise Me Ibrahima Mbengue. « C'est quelqu'un qui ne dit pas la vérité, je demande au tribunal de le maintenir dans les liens de la prévention à telle peine que va requérir le procureur, et de nous allouer la somme de 10.000.000 francs ; d'ordonner l'exécution provisoire, et de fixer la contrainte par corps au maximum», a plaidé Me Mbengue. Le procureur a requis l'application stricte de la loi. L'avocat de la défense, qui s'est spontanément constitué sans lire le PV, a plaidé la relaxe, indexant l'absence de certificat médical dans le dossier. Le jugement sera rendu le 17 octobre prochain.