Maître Omar de Montpellier

MONTPELLIER (34)     Juin 2007

C'est en voyant une émission sur le sujet, puis une petite annonce sur un hebdo gratuit, à l'intitulé évocateur "Omar désenvoûtement" qu'elle s'est décidée. En grande détresse psychologique, anéantie par la maladie d'un mari parfois violent, Christine, 40 ans, s'est rendue chez maître Omar, rue de la Jalade, à Montpellier. « Dans un immeuble où il y avait un nid de marabouts », se permet le président du tribunal où la mère de famille était jugée avec deux autres sorciers africains, Mohamed, dit maître Tibou, et Madiba, le fameux maître Omar, qui n'a jamais été retrouvé.

Au fil des mois, des consultations, Christine tombe dans les filets du marabout qui lui demande des sommes toujours plus importantes. Gérante d'une société s'occupant de la comptabilité de la branche française d'une entreprise anglaise de prothèse, elle commence à détourner les fonds après avoir vidé son propre compte. De manière grossière : sur les chèques, elle effaçait le nom des destinataires et mettait le sien. Simple et efficace : 400 000 € sont détournés en deux ans, entre 2002 et 2004, conduisant à la liquidation judiciaire de la société... Et à un coup de filet de la brigade financière. En garde à vue, elle reconnaît tout. Et devant le tribunal, elle a détaillé ces séances spéciales.

La juridiction s'est donnée jusqu'au 2 juillet pour trancher dans ce dossier où se pose un problème de fond : la quadragénaire a-t-elle subi l'emprise du Guinéen à tel point qu'elle a été contrainte de verser l'argent ? C'est la thèse de son avocat. « La notion de contrainte morale est primordiale. Comme dans les mouvements sectaires, il y a eu une manipulation psychologique qui a abouti à une dépersonnalisation. Au début, le marabout représente l'espoir mais, ensuite, il devient un prédateur. Elle est tombée dans ses serres et il l'a convaincue qu'il était utile qu'elle détourne de l'argent, a plaidé Me Expert. A partir du moment où elle a été victime d'une escroquerie, qu'il y a eu manipulation psychique, elle doit être relaxée. »

A contrario, les avocats de la banque et de la société flouées, mais aussi le procureur, ont estimé que les éléments matériels de la contrainte ne sont pas réunis, d'autant que l'expert psychiatre n'a pas décelé d'aliénation mentale.

Reste le cas de Mohamed, dit maître Tibou, arrêté en même temps que Christine, mais qui ne l'a vue qu'une seule fois. En fait, il habitait à l'étage en dessous de maître Omar. Mais ce dernier n'a jamais été retrouvé, tout comme l'argent, envolé et qui aurait servi à construire une maison en Guinée.

Lors des interpellations, les policiers se sont trompés de marabout... Ils ont, en revanche, trouvé des documents chez Mohamed, attestant que des sommes d'argent ont transité et le juge a décidé de le poursuivre pour escroquerie. Lui dit n'avoir eu que quatre à cinq clients lorsqu'il exerçait et qu'il ne faisait payer que quelques euros. « L'activité de marabout n'est pas interdite et rien ne vient montrer qu'il serait un escroc. D'autant qu'il y croit et on ne peut pas rire de ça », a rappelé son avocat, Me Libelle, en demandant sa relaxe.

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Commentaires (1)

1. bauer (site web) 27/08/2012

je voudrais me remaitre avec mon ex soléne mercadier

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